Biographie,  Portrait

Rachel Scott : Conseils pour vivre avant de mourir

Temps de lecture : 5 minutes

20 avril 1999. L’État du Colorado est en choc : Eric Harris et Dylan Klebold ouvrent le feu au sein de leur école. 12 élèves et 1 professeur sont tués, 24 autres élèves sont grièvement blessés. Les deux meurtriers se sont suicidés après la fusillade, commettant ainsi le 7e massacre le plus meurtrier commis dans un établissement scolaire aux Etats-Unis. Rachel Joy Scott, 17 ans, est la première victime de ce duo criminel

Je me souviens encore de cette question d’introduction pour un message à Students for Christ :

Que souhaites-tu que les gens se rappellent de toi à tes funérailles ?

Les journaux intimes de Rachel répondent parfaitement à cette question. Âgée de 17 ans, elle n’a pas hésité à poursuivre Dieu. Cela se reflète dans son comportement et ses relations dans sa vie quotidienne. Elle a choisi de vivre pour Dieu et d’agir en conséquence, sans se donner d’excuse comme “je ne suis qu’une adolescente” ou “je le ferai quand je serai grande”. Elle laisse derrière elle un puissant héritage de foi, de bonté et de vie vécue intentionnellement.

Revenons sur quelques passages de ses journaux :

Le sens de la vie

Et si vous deviez mourir aujourd’hui… Demain n’est pas une promesse mais une chance.
Rachel Scott

Nous sommes dans une société qui a peur de la mort. Par différents moyens, nous essayons de prolonger notre vie sur terre. La cryogénisation est un parfait exemple. Or, nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre à la mort. Cela fait partie du cycle de la vie. Nous sommes appelés à mourir parce que nous vivons. Personne ne connaît à l’avance le jour de sa mort (sauf ceux qui prennent la décision de s’ôter la vie). Bien que nous soyons dans l’incertitude, nous vivons comme si les prochains jours, semaines ou mois nous appartiennent. Or, nous ne sommes ni maîtres de notre destin, ni des jours qui nous restent à vivre. Nous n’avons pas la garantie que notre lendemain sera accordé.

S’appuyant sur cette vérité, chaque jour devient une chance. Parce que notre lendemain n’est pas garanti, chaque jour devient une opportunité de manifester de l’amour et d’agir avec bonté pour peut-être la dernière fois. Au cours de sa vie, Rachel essayait chaque jour de se montrer bienveillante face à son entourage. Elle savait qu’elle allait bientôt mourir, avait-elle écrit dans son journal intime. Pourtant, elle a choisi de rester attachée à Dieu et de continuer à vivre avec l’intention d’être une bénédiction pour son entourage et ce, jusqu’à son dernier souffle.

Je pense à toutes ses heures passées à ne rien faire. Je m’oppose à une productivité excessive ou l’épuisement. Mais, soyons honnêtes, certaines journées, voire semaines ou mois, soulignent un relâchement beaucoup trop important : Netflix, Instagram, la flemme et tous ses voleurs de temps et d’énergie nous détournent réellement de vivre intentionnellement. Car nous ne savons ni le jour, ni l’heure de notre dernier souffle, chaque instant devient alors une occasion de donner du sens à notre existence.

Réflexion personnelle

Et si hier avait été mon dernier jour, aurais-je été satisfaite de ma journée ? Comment pourrais-je changer mon aujourd’hui pour ne rien regretter ?

Des actes de gentillesse

J’ai une théorie selon laquelle une personne qui ferait tout pour faire preuve de compassion pourrait lancer une réaction en chaîne.
Rachel Scott

Connaissez-vous l’effet papillon ? Il s’agit d’une théorie selon laquelle une petite cause peut conduire à une réaction en chaîne, ayant des effets qui semblent sans relation. Avant de mourir, Rachel a écrit un manifeste sur la compassion, qui est la plus grande forme d’amour que les humains ont à offrir. Elle croyait qu’en manifestant de la compassion envers une personne, cela pouvait provoquer toute une réaction en chaîne de gentillesse, dépassant les limites de ce que nous croyons possible. Pour cette raison, elle exprimait de la gentillesse à son entourage. Elle s’attachait particulièrement à être amie avec ceux qui souffraient et ceux qui étaient isolés. Suite à sa mort, de nombreuses personnes ont témoigné des actes de gentillesse de Rachel à des moments clés de leur vie. 

Tout au long de notre vie, nous rencontrons des milliers de personnes. Quelques-uns deviendront nos amis les plus proches. Cependant, la plupart des personnes que nous croisons ne resteront que de simples connaissances. Pourtant, notre devoir est d’être attentif à eux également : un sourire, une parole bienveillante ou encourageante, un service rendu, quelques pièces d’argent. Malheureusement, nous sommes (trop) souvent focalisés sur notre propre vie que nous oublions d’être attentif et attentionné vis-à-vis de ceux qui n’appartiennent pas à notre zone de confort.

J’aime cette idée que notre gentillesse peut s’étendre au-delà de nos proches. En démontrant de l’amour et de la bienveillance envers eux, eux aussi sont amenés à exprimer de la bonté envers leur entourage. De même, à travers le sacrifice de Jésus, nous devenons les bénéficiaires de l’amour de Dieu. En échange de cet amour, nous pouvons être des bénédictions pour des personnes que nous ne connaissons pas et, comme le disait si bien Rachel, créer une réaction en chaîne de compassion.

Des paroles d’espérance

Je ne vais pas m’excuser d’avoir prononcé le nom de Jésus, je ne vais pas leur justifier ma foi, et je ne vais pas cacher la lumière que Dieu a mise en moi. Si je dois tout sacrifier… je le ferai.
Rachel Scott

Je trouve cette phrase tellement actuelle. J’ai parfois l’impression de vivre dans une société où prononcer le nom de Jésus est tabou. Dans les milieux chrétiens, c’est normal. Mais, lorsque nous nous éloignons de notre sphère spirituelle, il est parfois difficile de parler de la foi, qui est devenu au fur et à mesure, un sujet d’affaire privé. Les gens sont offusqués lorsque nous mentionnons notre foi.

Au sein de notre société, il est difficile de discuter de notre foi. Je ne parle pas de notre sphère chrétienne mais de toutes les personnes que nous fréquentons quotidiennement sur notre lieu de travail, sur les bancs de l’université, nos voisins, nos proches, notre famille qui ne partagent pas les mêmes croyances. Ce sont eux qui ont besoin d’entendre les bontés de Dieu. Dans une société devenue (trop ?) rationnelle, c’est un défi de parler de Dieu, de notre foi et de nos expériences spirituelles. Et, en même temps, avec la montée du nouvel-âge (courant religieux mystique qui relie plusieurs pratiques comme astrologie, le pouvoir des cristaux, la pensée positive, etc), je constate que la société recherche plus que la rationalité. Les gens cherchent quelque chose de plus, ce que nous pouvons leur présenter en la personne de Jésus-Christ. Le monde a besoin d’espoir et notre témoignage en fait partie. Chaque jour devient une occasion d’apporter de l’espérance dans un monde de plus en plus sombre.

J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi.
2 Timothée 4.7 (LSG)

Les derniers mots que Rachel a prononcés seraient une déclaration de sa foi en Dieu. Jusqu’au bout, son cœur est resté attaché à Dieu, malgré la peur, la menace, etc. Elle avait choisi de vivre pour Dieu malgré son jeune âge. Elle était également consciente de la brièveté de sa vie, étant prête à tout pour que sa vie compte. Rachel Scott savait que son existence était importante. Pour cette raison, elle a choisi de vivre de manière intentionnelle. Elle reste connue pour sa foi en Christ et sa volonté à partager sa compassion. Elle est encore une source d’inspiration 20 ans plus tard.

Demain pourrait être le dernier jour de notre vie. Nous ne pouvons le savoir. C’est pour cette raison que nous devons toujours être prêts. Prêts à rencontrer Dieu mais aussi à laisser une trace de notre passage qui sera un encouragement pour le monde. La vie est un don de Dieu, pas un acquis. Comme Rachel, que notre vie ait un sens. Je prie que nous ayons une plus grande conscience de la brièveté de notre vie et de l’importance de faire la différence dès aujourd’hui par des gestes de compassion.

Réflexion personnelle

Si je meurs demain, que diraient les gens à mon enterrement ? Quel héritage laisserais-je derrière moi ?

Pour aller + loin

Mélodie est passionnée d’écriture, de séries et d’encouragement ; plusieurs détails qui l’ont pourtant poussée à créer Effet Eden. Diplômée en psychologie et en théologie, elle cherche à mieux comprendre la complexité de l’être humain afin d’accompagner ceux qui ont besoin de guérison émotionnelle. Elle aime découvrir la beauté de la création à travers les personnes, la nourriture, les voyages, l’art, etc. Jeune femme audacieuse, elle n’a pas peur - après quelques larmes - de relever les défis que Dieu place sur son chemin. À travers ses articles, Mélodie n’hésite pas à partager ses questionnements, avec vulnérabilité et authenticité, à mi-chemin entre ses émotions les plus profondes et le travail que le Saint-Esprit opère en elle.

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